Varennes et cie sante commotion cerebrale
26 novembre 2019

Commotion cérébrale: blessure invisible à ne pas négliger

Santé
Karine Bastien, Jean-Philippe Paré & Marie-Claude Pharmaciens

On entend beaucoup parler maintenant de ce type de blessure au hockey, dans les sports extrêmes et dans les accidents de la route. Pas besoin de jouer dans la LNH ou de faire des «back flip» en vélo: une commotion cérébrale, ça peut arriver en glissant dans votre propre cour!

Commotion cérébrale (ou traumatisme craniocérébral léger): se produit quand une personne reçoit un coup à la tête qui affecte le fonctionnement normal du cerveau. Peut être causée par un coup à la tête, au cou, au visage, ou parfois, au corps. Certaines personnes perdent connaissance après une commotion, d’autres sont seulement étourdies ou confuses.

Signes et symptômes possibles dans les jours suivants une commotion

  • Maux de tête
  • Fatigue-troubles de sommeil
  • Nausées
  • Étourdissements-vertiges
  • Sensation d’être au ralenti
  • Problèmes de concentration ou de mémoire
  • Vision embrouillée
  • Sensibilité à la lumière et au bruit
  • Émotivité inhabituelle (ex.anxiété, irritabilité)

Le saviez-vous?

Les symptômes les plus intenses durent habituellement 1 à 2 semaines, mais peuvent persister avec moins d’intensité durant 4 à 6 semaines, parfois plus. Le rétablissement peut être plus long chez les personnes ayant subi déjà 1 ou plusieurs commotions.

Quand consulter? Signaux d’alerte

  • Perte ou diminution de l’état de conscience
  • Confusion ou irritabilité qui augmente, comportement inhabituel
  • Vomissements répétés
  • Maux de tête intenses ou qui augmentent
  • Difficulté à marcher, à parler ou à reconnaitre les gens ou les lieux
  • Vision double
  • Agitation importante, pleurs excessifs
  • Faiblesse, engourdissements ou picotements dans les bras ou les jambes
  • Convulsions

Période de repos initial après une commotion: minimum 48h

  • Limiter les activités intellectuelles qui demandent de la concentration et toutes activités qui amplifient les symptômes
  • Privilégier un environnement calme et éviter l’exposition aux écrans (téléphone, ordi, télé)
  • Ne pas pratiquer d’activités physiques ou sportives
  • Respecter les besoins d’alimentation, d’hydratation et de sommeil mais éviter le repos complet au lit durant le jour
  • Ne pas consommer d’alcool, de drogue, de boissons stimulantes et de somnifères
  • Limiter la conduite automobile

Après la période de repos initial, la reprise des activités intellectuelles (école, travail) et physiques peut commencer, en même temps et de manière progressive, si elles ne provoquent pas une augmentation ou un retour des symptômes. Il est important de consulter un médecin ou une ressource spécialisée ex.physiothérapeute pour obtenir une évaluation de la capacité à retourner au travail si les tâches liées à l’emploi posent un risque pour soi ou les autres. Ces professionnels pourront vous guider dans la reprise des activités. Il se peut qu’un enfant ait besoin de s’absenter de l’école temporairement suite à une commotion. Discutez-en avec votre médecin. Avisez aussi le professeur. Parfois, certains accommodements peuvent être faits comme retourner progressivement à l’école 1 à 2h par jour puis augmenter, accorder plus de temps pour un examen ou le reporter à plus tard, etc.

Maux de tête

  • Éviter tout ce qui déclenche ou intensifie vos maux de tête. Tenir un journal de la fréquence de vos maux de tête et en discuter avec votre médecin et y inclure les éléments suivants:
  • Durée du mal de tête
  • Éléments déclencheurs: nourriture, activité, manque de sommeil, etc.
  • Intensité de la douleur: échelle de 0 à 10
  • Autres symptômes: nausée?
  • Ce qui a fait du bien pour le soulager

Prendre de l’acétaminophène (Tylenol) aux 6 heures au besoin. N’hésitez pas à nous consulter pour donner une dose bien ajustée au poids de l’enfant. Chez les adultes en santé, ne pas dépasser une dose de Tylenol de 8 comprimés de 500mg par 24h. Une dose supérieure peut occasionner des problèmes au foie.
La majorité des maux de tête dus à une commotion cérébrale s’atténuent avec le temps et la prescription de médicaments est rarement nécessaire. N’oubliez pas que la consommation de Tylenol ou Advil durant plus de 15 jours par mois peut provoquer des ‘’céphalées d’origine médicamenteuse’’ soit des maux de tête rebonds dus à l’abus de médicaments.

Suivez bien les conseils de votre médecin. Ne pas effectuer un retour trop rapide au sport après une commotion cérébrale. Un sportif qui retourne au jeu avant d’être complètement remis de sa commotion est trois à cinq fois plus à risque de subir une autre commotion cérébrale. Si une nouvelle commotion a lieu alors que le cerveau n’est pas entièrement remis de la précédente, les séquelles peuvent être encore plus importantes, la récupération plus longue et, dans de rares cas, les conséquences peuvent être catastrophiques.

Portez un casque: la meilleure prévention!

Un casque bien ajusté peut réduire de 75% la fréquence et la sévérité des blessures. L’apprentissage et le respect des règlements de sport aide à réduire le risque de commotions cérébrales.

Par Karine Bastien, pharmacienne de famille


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